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Aperçu du livre : Commentaires sur la vie – Qui êtes-vous ?

Commentaires sur la vie fait parti des premiers livres sortis sur les causeries de Jiddu Krishnamurti. Les propos ont était recueillis par Desikacharya Rajagopal qui a été l’associé de Krishnamurti pendant plusieurs décennies. Je tiens à le souligner car il y a eu sur ce livre vraiment un très gros travail de mise en forme de « l’enseignement » qui, même plus de cinquante ans après la publication de ce livre, est toujours autant empli de sagesse et d’intelligence.

« L’esprit va du connu au connu, et il ne peut pas atteindre l’inconnu. Vous ne pouvez pas pensez à quelque chose que vous ne connaissez pas ; c’est impossible. Ce à quoi vous pensez vient du connu, du passé, que ce passé soit très reculé ou qu’il ne date que de la seconde précédente. Ce passé est pensé, modelé et conditionné par les nombreuses influences, il se transforme selon les circonstances et les nécessités, mais il demeure toujours une opération du temps. La pensée ne peut qu’affirmer ou nier, elle ne peut ni chercher ni découvrir quelque chose de nouveau. La pensée ne peut pas rencontrer le nouveau ; mais quand la pensée se tait, alors il peut y avoir le nouveau… »

Ce livre est un gros pavé ! Quasiment 1200 pages ! Rien que ça ! Et pourtant, c’est un livre qui se lit bien et que si nous en faisons une overdose, il est aisé de mettre de coté pour reprendre la lecture plusieurs mois après. Tout est en rapport avec la structure du livre. Il y a 202 chapitres ou thèmes, ce qui fait en moyenne 6 pages par chapitre. Je dirais qu’au début de livre il y a généralement 3 à 4 pages par chapitre et leur longueur s’accentue vers la moitié du livre. Les chapitres se lisent donc très vite ce qui ne donne pas du tout une sensation de lourdeur supplémentaire, car cette sensation est bien présente quand on tient le livre entre les mains.

Les thèmes sont très variés : l’identification, la connaissance, le sommeil, l’autorité, la séparation, le karma, l’amour, etc. Certains chapitres abordent même, avec le style bien à lui de Krishnamurti, des questions directes comme par exemple :
– Comment s’aimer ?
– Que signifie être sérieux ?
– Pourquoi ce besoin de posséder ? Se connaître soi-même ou s’hypnotiser ?
– Qu’est-ce que la vie ?
– Pourquoi les Écritures condamnent-elles le désir ?

« Penser, c’est toujours nier l’amour. C’est la pensée qui connait les complications sentimentales, et non l’amour. La pensée est le plus grand obstacle de l’amour. La pensée distingue entre ce qui est et ce qui devrait être, et c’est sur cette distinction qu’est basée la morale. »

La mise en forme des chapitres est toujours la même, ça commence par une introduction sur ce qu’il voit autour de lui, ainsi que la description sommaire des personnes qui viennent à sa rencontre. Il s’ensuit un dialogue avec la problématique du/des intervenants. Il faut aimer lire ce genre d’échanges, Krishnamurti parle rarement directement d’un thème.

Il est, je pense, un Kōan vivant. Il pousse s’en cesse les personnes à se recentrer sans les emmener forcément à une réponse, et en faisant attention à ne pas devenir une autorité dans ce qu’il apporte pour éviter que leurs remises en question soient biaisées. Toute découverte se fait en soi, et non à l’extérieur de soi. C’est vraiment un ouvrage que je vous recommande particulièrement, mais tout autre livre de Krishnamurti est aussi très intéressant à lire.

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